Réglementation de la location courte durée en France : 120 jours, enregistrement, loi de 2024

La loi du 19 novembre 2024 a donné aux communes des outils beaucoup plus larges pour encadrer la location meublée touristique. Voici l'état des règles applicables en 2026, telles que nous les avons vérifiées. Elles évoluent vite : confirmez toujours auprès de votre mairie.

10 min de lecture · vérifié le 11 septembre 2026

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À retenir

  • Une résidence principale se loue au plus 120 nuits par an, 90 là où la commune l'a décidé.
  • Une résidence secondaire relève du changement d'usage dans les grandes villes.
  • La commune peut exiger un numéro d'enregistrement ; le règlement de copropriété compte aussi.

Résidence principale : 120 jours, ou 90

Vous pouvez louer votre résidence principale (celle que vous occupez au moins huit mois par an) en meublé de tourisme jusqu'à 120 nuits par année civile. Depuis la loi du 19 novembre 2024, la commune peut abaisser ce plafond jusqu'à 90 nuits par délibération ; Paris l'a fait. Les plateformes bloquent automatiquement le calendrier au-delà du plafond communal. Le dépassement expose à une amende civile pouvant atteindre 15 000 € par logement.

Le numéro d'enregistrement

Les communes qui l'ont instauré exigent une déclaration préalable avec attribution d'un numéro d'enregistrement, à afficher sur chaque annonce. La loi de 2024 généralise cette déclaration à toutes les communes via un téléservice national, avec une mise en œuvre échelonnée jusqu'en mai 2026, en cohérence avec le règlement européen sur la collecte des données de location courte durée. En pratique : en 2026, considérez que l'enregistrement est requis partout, et vérifiez le portail de votre commune.

Résidence secondaire : le changement d'usage

Louer en courte durée un logement qui n'est pas votre résidence principale est, dans les communes de plus de 200 000 habitants, la petite couronne parisienne et toute commune qui a adopté le dispositif, un changement d'usage soumis à autorisation préalable. La commune peut exiger une compensation (transformer en logement une surface équivalente, parfois double dans certains arrondissements de Paris), limiter les autorisations dans le temps, ou fixer des quotas par quartier, possibilité ouverte par la loi de 2024. Sans autorisation, l'amende civile peut atteindre 50 000 € par logement, plus une astreinte.

Concrètement, dans Paris intra-muros, transformer un appartement en meublé de tourisme à l'année est devenu très difficile pour un particulier. Les stratégies viables sont la résidence principale (90 jours), les biens déjà autorisés, ou les communes voisines et les autres métropoles aux règles plus souples. Comparez les marchés sur la page villes.

DPE, copropriété et urbanisme

DPE : la loi de 2024 aligne progressivement les meublés de tourisme sur les exigences de décence énergétique des locations classiques. Dans les communes ayant instauré le changement d'usage, un logement nouvellement mis en location touristique doit présenter un DPE d'au moins E (F et G exclus), et tous les meublés de tourisme devront atteindre au moins D au 1er janvier 2034. Vérifiez le calendrier exact pour votre commune, les modalités transitoires diffèrent.

Copropriété : le règlement peut interdire la location meublée touristique (clause d'habitation bourgeoise exclusive). Depuis 2024, l'assemblée générale peut voter cette interdiction à la majorité des deux tiers lorsque le règlement interdit déjà toute activité commerciale, et tout copropriétaire qui loue en meublé de tourisme doit en informer le syndic.

Urbanisme : les communes peuvent, dans leur PLU, réserver certaines zones à la résidence principale pour les constructions neuves. Une nouveauté de la loi de 2024 encore peu déployée, mais à surveiller.

Les obligations courantes de l'hôte

  • Taxe de séjour : collectée et reversée par Airbnb dans la grande majorité des communes ; vérifiez pour les réservations hors plateforme.
  • Classement en meublé de tourisme (1 à 5 étoiles) : facultatif, mais il conditionne un abattement fiscal plus favorable. Voir le guide fiscalité.
  • Déclaration des revenus : les plateformes transmettent chaque année vos revenus à l'administration fiscale.
  • Sécurité : détecteur de fumée, diagnostic électrique en règle, assurance adaptée.
  • Locataire : si vous êtes locataire, l'accord écrit du propriétaire est obligatoire et la sous-location ne peut excéder votre propre loyer.

Informations générales, vérifiées à la date indiquée. Ce guide n'est ni un conseil juridique, ni fiscal, ni en investissement.

Questions fréquentes

Quelle est l'amende si je dépasse 120 jours ?
Jusqu'à 15 000 € d'amende civile par logement pour dépassement du plafond de la résidence principale. Les plateformes bloquent en principe le calendrier, mais la responsabilité reste celle de l'hôte, notamment en cas de multi-diffusion.
Le numéro d'enregistrement est-il obligatoire partout ?
Il l'est dans toutes les communes qui l'ont instauré, et la loi de 2024 le généralise via un téléservice national avec une mise en œuvre jusqu'en mai 2026. En 2026, partez du principe qu'il est requis et vérifiez auprès de votre mairie.
Puis-je louer ma résidence secondaire à Paris sur Airbnb ?
Seulement avec une autorisation de changement d'usage, qui exige une compensation (créer un logement en contrepartie), en pratique très coûteuse. C'est pourquoi l'offre parisienne se concentre sur les résidences principales et les biens autorisés de longue date.
Ma copropriété peut-elle m'interdire Airbnb ?
Oui si le règlement contient une clause d'habitation bourgeoise exclusive, ou par un vote à la majorité des deux tiers depuis la loi de 2024 lorsque le règlement interdit déjà les activités commerciales. Lisez le règlement avant d'acheter.

Combien rapporterait votre logement ?

Prix par nuit, occupation et revenu annuel à votre adresse, à partir des annonces comparables.

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